Benjamin Juhel

Né en 1984 en Normandie. Vit et travaille à Bordeaux.
Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts achevées en 2005,
Benjamin Juhel poursuit ses recherches en images, photographie et
film autour des corps mis en scène. Il travaille parallèlement pour la
publicité et intervient en photographie dans diverses structures.

En 2007, il dirige à Bombay le workshop « Body.Space.Area »
avec The Company Theater. Ce temps de recherche auprès de
comédiens, danseurs, plasticiens, autour de la formulation du geste
simple, des rythmes en mouvement, et du rapport aux espaces,
affirme sa conception de la mise en scène chorégraphique.

Il associe par la suite les problématiques de structures des corps
aux espaces et à l’architecture. Les projets Silence (Live Cinema) &
Improvisations Urbaines (Videodanse) réalisés en collaboration avec
Thierry Mabon ainsi que ARK (Film & Photographie), en association
avec Anne Charlotte Baranger, évoquent ces rapports aux rythmes
et aux structures.

Chacune de ses séries propose un fondement sociologique,
un regard sur l’Humain, l’Habitat, la représentation, qu’il traduit dans
des images de fiction.

Benjamin Juhel met en scène ses personnages, fabrique ses images,
avec la liberté de composer qu’offre la peinture en surface,
et le chorégraphique en espace.

La société du spectacle, la désindividualisation, la mécanisation
du rapport humain, sont des éléments fondateurs de ses projets.
Il transmet cette perception du monde par un éloge de la solitude,
de l’absence et de la fragilité.

L’exposition Territoires de fictions est une partie de la réalisation
du photographe lors de sa résidence de création en 2018 à Mérignac.
En effet, Benjamin Juhel est parti du postulat que la Ville de Mérignac
apparaît comme un territoire en forme de modèle urbain.
Accès au logement, accès aux transports, aux loisirs…
Une ville fonctionnelle, une ville à habiter. Pour aller au-delà de
la « ville-image », contourner le rapport direct et quotidien à la cité
comme organisation sociale, le photographe invite à la possibilité
de ressentir la ville dans son histoire, son parcours, sa fragilité.

Benjamin Juhel est ainsi allé à la rencontre des habitants, a recueilli
leurs histoires individuelles, leurs souvenirs, lesquels construisent
la mémoire de Mérignac. Ces moments racontés ont été la source
essentielle à la fabrication de ces images de fictions dans des
espaces choisis au sein de la ville.

Pour Benjamin Juhel, son envie de fiction passe par la théâtralité
de la nuit. Ses images sont à découvrir en espace public dans la rue
de la Vieille Église.