Ikko Narahara

Né en 1931 au Japon, Ikko Narahara s’est rapidement imposé sur
la scène photographique. En 1959, il est l’un des membres fondateurs
de l’agence indépendante Vivo, qui, avant de disparaître en 1961,
a profondément influencé la photographie japonaise des années
1960-1970. Son intérêt pour le monde occidental l’amène à
photographier à Paris (1962-1965) et à New York (1970-1974).

En 1954, après des études en histoire de l’art, Ikko Narahara
découvre Gunkanjima, une île minière partiellement fabriquée située
à une vingtaine de kilomètres au large de Nagasaki. Sur cette île,
2000 ouvriers et leurs familles y vivent isolés du monde extérieur.
Dépassant le simple documentaire, Ikko Narahara montre un Japon
face à des défis tels que l’industrie ou le nucléaire.

En 1958, Ikko Narahara s’interroge sur l’isolement. Cela l’emmène à
photographier des espaces fermés. Avec la série Garden of silence,
l’artiste part à la rencontre de trappistes, des moines cloitrés
appartenant à l’ordre cistercien dans un monastère à Tobetsu.
Il y saisit les règles quotidiennes, les moments de silence, la prière
et le travail manuel.
Ikko Narahara se fait ainsi l’observateur invisible d’un monde caché.
Tel est le cas également pour Within the walls réalisé la même année.
En effet, l’artiste photographie une prison pour femmes à Wakayama
avec des routines toutes aussi rigides que pour les moines.

Dans la série Japanesque, zen (1968-1970) Ikko Narahara porte son regard sur la culture
japonaise et sur la philosophie du zen dans un temple bouddhiste. Il explore son identité
culturelle conflictuelle dans laquelle existent à la fois une « affection profonde et une irritation
pour cette culture ».

Dans Where time has vanished (1970-1974) ce sont les États-Unis que photographie Ikko Narahara.
Il a sillonné le pays d’est en ouest à la recherche du fantastique et de l’absurde dans les sites mythiques
du rêve américain, les grands espaces, les réserves indiennes, les motels ou les casinos. Il nous propose
ainsi un univers poétique, contemplatif avec parfois des éléments surréalistes où le temps semble
comme suspendu.