« Nous allons sortir l’art dans la rue »

Isabel Muñoz, Prix National de la Photographie en 2016 et marraine 2017 du festival photo de Mérignac exposera sa intitulée « Album de famille » à la Vieille Eglise Saint-Vincent. Avant le lancement du Mérignac Photographic Festival, Isabel Muñoz répond à nos questions !

Pourquoi avoir accepté d’être la marraine de cette seconde édition ?

« François Cheval et Audrey Hoareau (le commissaire du festival et son associée) proposent toujours des projets originaux et intelligents. J’ai immédiatement accepté d’accompagner cette édition, parce que le challenge est beau. Cette ville va voir naître un événement qui réunira des photographes de tous horizons, de toutes générations autour d’une thématique extrêmement intéressante : la communauté ».

Quelle est l’originalité du Mérignac Photographic Festival ?

« La variété des lieux : la Vieille Eglise Saint-Vincent, la Médiathèque et des espaces existants complétés par des lieux éphémères : des grandes maisons dessinées par Vasken Yéghiayan, un scénographe très talentueux ».

Vous avez préparé cette édition avec François Cheval: quels étaient vos critères, vos envies, vos exigences ?

« Etre marraine c’est d’abord une position symbolique. Je soutiens cette action qui permet de sortir l’art dans la rue et de démocratiser la photographie. La programmation est le fruit du travail de François Cheval et Audrey Hoareau en collaboration avec l’équipe municipale ».

Comment s’est prépare votre propre exposition ?

« J’ai ouvert en grand mon atelier de Madrid à l’équipe en charge du commissariat. Nous avons beaucoup échangé sur mon travail. La sélection m’a été proposée et j’ai accepté. J’aime que l’on s’approprie mon travail, qu’on me propose des pistes, des choix. Puis, je fais moi-même mes tirages au platine dans mon studio : ils seront visibles en octobre à la Vieille Eglise de Mérignac ».

Qu’allez vous présenter ?

« Le choix des commissaires s’est porté sur l’une de mes séries de photographies qui me tient particulièrement à coeur : des portraits de primates. Je l’ai appelé « Album de Famille ». J’ai recherché chez ces gorilles, bonobos ou chimpanzés, que j’ai été photographier au Congo ou encore à Borneo des attitudes, des postures humaines. Leurs regards, leurs positions, leurs gestes d’amour sont incroyablement touchants ».

Qu’attendez-vous de ce festival photo ?

« Je suis très curieuse de découvrir le travail de Qian Haifeng sur son périple dans le Train Vert qui sillonne la Chine. Cet homme, électricien dans un grand hôtel, est un photographe tellement doué ! J’ai également hâte de découvrir la confrontation entre le travail de Meyer sur le mouvement « Nuit Debout » et les images de Joshua Benoliel, qui couvrait les manifestations au Portugal dans les années 1910. Les « grandes maisons » permettent précisément ce parallèle entre deux générations de photographes ».